Même les directeurs font des fautes



Même les directeurs font des fautes

Sébastien Ménard

Alors que la qualité du français est censée être une priorité, les sites Internet de dizaines d'écoles du Québec comportent des fautes d'orthographe ou de grammaire, parfois même dans le «mot du directeur».  Journal de Montréal

 

Le Journal de Montréal n'a pas eu de difficulté à trouver des fautes de français dans les sites Internet d'au moins 32 écoles, la semaine dernière, après seulement quelques heures de recherche aléatoire.

Les fautes ont été relevées autant dans les sections réservées aux messages courants que dans celles dressant la liste des règlements de l'institution. Dans au moins trois cas, le,i> Journal a même trouvé des erreurs dans des textes signés par des directeurs d'établissement.

Ce constat survient au moment où la maîtrise de la langue par les enseignants suscite de vives inquiétudes au Québec. Les futurs profs sont nombreux à échouer au nouveau test de français donnant accès à la profession, a-t-on appris récemment.

«Inadmissible»

À l'heure où les sites Internet des écoles servent de plus en plus d'outils pédagogiques, les fautes de français relevées par le Journal sont «inadmissibles», reconnaît Chantal Longpré, de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement. «La direction de l'école doit s'assurer que toutes les communications sont impeccables, dit Mme Longpré. On doit être aussi vigilant sur Internet que partout ailleurs.»

La présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Josée Bouchard, est du même avis. «On ne peut pas défendre l'indéfendable, lance-t-elle. On est en éducation et des fautes, ça ne peut pas être acceptable.»

Mme Bouchard renvoie cependant la balle aux «directions d'école, qui ont un rôle important à jouer pour coordonner et superviser tout ça», selon elle.

Des sites ont subi des révisions

Même si ces sites Internet sont parfois gérés en partie par des parents bénévoles ou des membres du personnel non enseignant, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) juge que la présence de fautes n'y est pas acceptable et assure que la situation s'améliorera prochainement.

Le porte-parole de l'organisme, Alain Perron, indique que certains sites ont d'ailleurs été fermés au cours des derniers mois afin d'y effectuer des «révisions linguistiques».

Cela s'inscrivait dans le cadre de la «première phase de révision de la plateforme [de la CSDM]», explique M. Perron. Les sites Internet des écoles seront révisés de nouveau lors de la «deuxième phase» de cette «refonte», dit le porte-parole.

«Il y a une volonté ferme de la part du conseil des commissaires de venir à bout [des fautes de français]», assure-t-il.

Les commissions scolaires de Laval et Marie-Victorin, à Longueuil, n'ont pas rappelé le Journal.

La ministre a un plan
La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, compte sur un «plan d'action» qu'elle a déposé il y a un an et demi pour améliorer la qualité du français dans les sites Internet des écoles.

En entrevue au Journal, son attachée de presse, Kim Ledoux, a laissé entendre que la ministre n'appréciait pas d'apprendre que les sites de plusieurs établissements comportent des fautes de grammaire et d'orthographe.

«Pour la ministre, la maîtrise du français est primordiale. Les commissions scolaires et les écoles doivent donner l'exemple», indique Mme Ledoux.

Politique linguistique

Pour renverser la vapeur, Michelle Courchesne mise sur le «plan d'action pour l'amélioration du français» qu'elle a déposé en février 2008.

Une des mesures de ce plan prévoit que chaque commission scolaire «devra avoir une politique linguistique», fait valoir Kim Ledoux. Il s'agit selon elle d'un moyen d'améliorer la qualité du français dans les écoles, notamment dans leurs sites Web.

L'attachée de presse indique que les commissions scolaires recevront «sous peu» un «guide de rédaction pour les aider à rédiger leur propre politique».