

Marie-Julie Gagnon aime porter plus d'un chapeau: auteure, chroniqueuse, globe-trotteuse et depuis peu Mama Cool. Technomade, elle a parcouru plusieurs coins de la planète, munie de ses jouets préférés: ordinateur, cellulaires et caméras. Depuis qu'elle est maman, son Trésor la suit souvent dans ses déplacements. En entrevue, EspaceParents.ca a voulu lui soutirer ses trucs et conseils pour vous donner la piqûre du voyage en famille.
EspaceParents.ca : Quand as-tu découvert la passion du voyage?
Marie-Julie : Enfant, j'étais complètement fascinée par Les Cités d'or. L'île au trésor et Robinson Crusoé me captivaient. J'avais un gros kick sur Tom Sawyer, aussi, qui n'hésitait pas à partir à l'aventure. J'ai découvert Paris avec Rémy sans famille, Les Misérables et Les Trois mousquetaires. J'étais beaucoup plus du type «Astérix» que «Tintin». J'aimais suivre les aventures des Gaulois aux quatre coins du monde. Ils me faisaient aussi voyager dans le temps, moi qui étais déjà passionnée par l'histoire et les grandes civilisations. J'étais complètement sous le charme du Petit Prince des Collines de Candy, aussi. J'aurais parcouru le monde pour le retrouver si j'avais été elle... mais c'est une autre histoire (Rires)!
Les pirates, aussi, me fascinaient totalement. Vers 8 ou 9 ans, j'ai bien dû voir le film «Le Pirate de mes rêves» - l'un des pires navets du cinéma! - au moins dix fois.
Au secondaire, j'ai eu des profs qui m'ont transmis leur passion des voyages. Il faut dire que je viens du Lac-St-Jean et que ma famille est très sédentaire. Alors d'entendre quelqu'un me raconter ses périples en Grèce ou en Égypte, pour moi, c'était extraordinaire.
Puis, au cégep, j'ai rencontré pour la première fois des gens de mon âge qui avaient eu la chance de voir du pays. Les écouter me raconter leurs périples me permettaient de me dire que c'était possible, que moi aussi j'irais aux quatre coins de la planète un jour... Car malgré tous mes fantasmes de globe-trotteuse, jusqu'au début de la vingtaine, voyager m'apparaissait comme un rêve inaccessible. J'avais très peu d'exemples autour de moi pour me montrer que «ça se pouvait».
EspaceParents.ca : Après l'arrivée de ta fille, est-ce que cela a modifié ta façon d'envisager les voyages? Fait-elle partie de tes périples?
Marie-Julie : Pour moi, avoir un enfant signifiait mettre de côté mon envie de voir constamment du pays. J'étais très consciente du fait qu'on ne sait jamais comment les choses vont se passer avec un enfant. J'ai eu la chance de mettre au monde une petite fille en santé. Il m'a tout de même fallu un moment d'adaptation à ma nouvelle vie avant de penser retourner sur la route! Je compare d'ailleurs souvent la maternité au voyage. On se prépare du mieux qu'on peut, mais tout peut arriver. On a très peu de contrôle sur le cours des choses une fois à bord du bateau! Faut garder le cap.
Petit à petit, l'envie de voyager est revenue. Quand ma fille avait 11 mois, elle m'a accompagnée à Disney World dans le cadre d'un voyage de presse. Elle a attrapé une gastro, mais c'est moi qui me suit retrouvée à l'hôpital, totalement déshydratée à cause de son virus, qui s'était jeté violemment sur moi!
Après, les voyages se sont enchaînés. Nous sommes allés en vacances en République dominicaine, puis à Taïwan. On a fait le tour du Canada en famille dans le cadre d'une série de reportages pour Canoë. Je suis aussi allée en vacances avec elle à St. Maarten. Depuis le début de l'année, nous avons visité le Rhône, en France, et Vancouver en famille. Sans compter les nombreux allers-retours au Lac-St-Jean pour aller visiter ma famille!
J'étais persuadée que je ne pourrais pas me séparer de ma fille avant son 30e anniversaire - minimum! (Rires) Dans ma tête, c'était: «je pars avec elle ou je ne pars pas». Comme j'ai un mari extraordinaire qui est aussi un papa hors pair, j'ai fini par revenir sur cette position quand on m'a invitée à visiter la Jamaïque pour un reportage alors qu'elle avait deux ans et deux mois. Une semaine dont j'ai pleinement profité malgré mes craintes avant de partir.
Pour répondre à la question, oui, je voyage pas mal de la même manière. La seule différence, c'est que je fais plus de lavage avant et après le voyage! (Rires) J'évite aussi les «hostels» remplis de coquerelles...
EspaceParents.ca : Es-tu davantage du type à tout planifier d'avance ou préfères-tu te réserver une part d'aventure?
Marie-Julie : Je suis un peu brouillon de nature. Je suis plus à l'aise quand tout n'est pas trop ordonné. J'aime croire que tout peut arriver, surtout le meilleur. Alors je m'arrange pour éviter le pire. Et je reste ouverte à la suite des choses! Planifier un itinéraire, c'est bien, mais c'est encore mieux quand on a la flexibilité pour le modifier pour être en accord avec ses envies du moment.
Par contre, avec un enfant, je m'arrange pour ne pas devoir chercher une chambre d'hôtel à 3h du matin, disons...
EspaceParents.ca : Quelle est ta prochaine destination avec elle?
Aucune idée! Nous revenons tout juste de Vancouver. J'adore être sur la route et elle aussi (elle ne veut jamais rentrer à la maison!), mais je constate l'importance d'un minimum de stabilité dans sa vie. Elle a besoin de ses repères et c'est tout à fait normal. Nous irons certainement au Lac-St-Jean bientôt, mais je n'ai rien prévu avec elle ensuite. Il n'est toutefois pas impossible que nous partions quelque part sur un coup de tête! Ou que je remonte un projet fou comme «Le tour du Canada en 31 jours». Si les billets d'avion pour le Sénégal, pays d'origine de son père, n'étaient pas aussi chers, aucun doute que nous irions passer quelques semaines là-bas bientôt.
Anecdote: je voulais transmettre ma passion du voyage à ma fille, mais j'ai en réalité créé un monstre! À l'aéroport de Lyon, en mars dernier, elle nous a fait une scène terrible parce qu'elle ne voulait pas rentrer à la maison. Imaginez une puce de deux ans et demi qui hurle: «JE NE VEUX PAS RENTRER CHEZ MOIIIIII!» juste avant de monter à bord... Elle me demande régulièrement pour prendre l'avion. Comme je n'ai pas de permis de conduire, pour elle, c'est plus naturel de monter à bord d'un avion que d'une voiture!
Elle est tellement à l'aise dans les avions qu'elle joue parfois même les hôtesses. Nous l'avons surprise en train d'agiter la main telle la duchesse du Carnaval l'été dernier, alors que nous laissions descendre les autres passagers. Elle accompagnait son geste par un pimpant: «Bonjour, gens!»
EspaceParents.ca : Ton conseil le plus précieux que tu partagerais à tous les parents qui veulent voyager en famille?
Marie-Julie : Les enfants sont d'extraordinaires passeports dans plusieurs cultures. Les gens viennent spontanément à nous. Ils permettent des échanges et des rencontres qui n'auraient pas eu lieu autrement. Je dirais aux gens de s'ouvrir à ces rencontres. C'est un cadeau extraordinaire à faire à son enfant que de démontrer une ouverture aux autres cultures, et à soi-même!
EspaceParents.ca : Ton secret pour un voyage réussi?
Marie-Julie : La latitude. Se donner le droit de ne rien faire une journée si on est trop fatigué. Modifier son itinéraire si on le juge nécessaire. Se dire que ce n'est pas grave de ne pas tout voir. S'écouter mais aussi écouter son enfant. Les enfants ont une merveilleuse capacité d'adaptation mais ils ont aussi leur manière à eux de gérer le choc culturel et le changement. Ne pas prévoir que des activités «d'adultes». Il faut que tout le monde y trouve son compte. Et accepter que tout ne sera pas comme on l'avait imaginé!
Qui est vraiment Marie-Julie Gagnon?
On l'a vue à la télé (Génération W, Le Petit Journal, La Revanche des NerdZ, Une émission couleur de Radio-Canada...), on l'a lue dans la presse écrite (entre autres dans le Clin d'oeil), on a pu dévorer ses livres (Cartes postales d'Asie et Embarquement immédiat). À travers tout ça, elle a voyagé et voyage encore.
Maman d'un petit Trésor depuis plus de deux ans, elle vient de publier le livre Mama Cool, un recueil de ses meilleures chroniques publiées sur MSN/Sympatico.
Pour la suivre au quotidien, une destination s'impose: son blogue Taxi-brousse. Pétillante, amusante et passionnante, elle ne laissera personne indifférent. Ses sujets, tantôt insolites, tantôt inspirants, constituent une dose de soleil quotidienne.
Elle signe également la chronique hebdomadaire Choc des cultures sur Canoë Voyages. C'est là qu'on y trouve ses reportages publiés dans le cadre de son tour du Canada en 31 jours.
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